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LA PSYCHOGENEALOGIE
"Le temps des ancêtres, dit Carole Labedan*, c'est
le temps de l'origine de l'espèce ; c'est aussi le temps
du projet dans la cellule vivante : projet de la conception comme
celui de la maladie.
Les Anciens Chinois considéraient qu'un "mandat"
était donné par le Ciel, dans la filiation aux ancêtres,
et qu'il passait à travers l'existence singulière
de chacun d'entre eux. Ce mandat passe donc à travers moi,
l'ultime descendant, vivant aujourd'hui, ici et maintenant ; mais
c'est bien moi qui décide de mon destin, de la manière
dont je vais l'honorer. Nous naissons avec un projet de vie certes
personnel, mais tout de même relié à notre
héritage.
Dans la tradition chinoise, un proverbe affirme que, pour connaître
une personne, il faut connaître sa généalogie
sur neuf générations. Le mandat (terme que je préfère
à celui de destin, trop fataliste) est la manière
dont chacun peut trouver son point d'insertion et d'action dans
le monde, et s'y accomplir. Le mandat est la dimension proprement
spirituelle de l'être, celle dans laquelle nous nous sentons
reliés à l'Esprit créateur qui œuvre
en nous, et nous pousse, toujours plus avant, à la découverte
de ce que nous sommes. Le travail sur l'arbre permet de faire
la part des mandats mal aboutis que nous avons repris à
notre compte, et de dégager ce qui nous met authentiquement
en résonance avec nous-même.
L'arbre généalogique est aussi la plus belle des
machines divinatoires.
A chaque difficulté qui se présente, on peut le
réinterroger. Les branches de l'arbre font partie de nos
structures les plus profondes, et les sonder permet d'apprendre,
en des termes valables pour soi seul, ce qui bloque. L'arbre répond
toujours. Il ne fournit pas forcément la solution, mais
les éléments d'information qui s'en dégagent
permettent d'aller un peu plus loin, dans la bonne direction."
* Psychogénéalogiste et fondatrice de l'ARBRE.
In : Nina Canault. – Comment paye-t-on les fautes de ses
ancêtres ? l'inconscient transgénérationnel.
– Paris : Desclée de Brouwer, 1998.